Les peintures inspirées de l’Odyssée et les conférences de Barbara Cassin «L'Odyssée au Louvre : un roman graphique». «Ulysse chez Calypso», huile sur toile, 150x120 cm, 2025. «Déesse maîtresse, pardonne-moi, toute sage qu’elle est, je sais que Pénélope est sans grandeur ni beauté. Car c’est une mortelle ; toi tu ne connais ni la mort ni l’âge. Mais ce que je veux, ce que je désire tous les jours, c’est rentrer à la maison et voir le jour du retour» (chant V). Ulysse choisit le danger, se risque sur un radeau, il choisit d’être un «mortel» : l’Odyssée commence.» Être mortel – Calypso. L’Odyssée au Louvre : Un roman graphique, Barbara Cassin.
«Ulysse et Sirénes», huile sur toile, 150x120 cm, 2025. «Ulysse passe au large des Sirènes, il bouche les oreilles de ses compagnons et se fait ligoter au mât pour résister à l’attrait de leur chant. Elles n’ont pas l’air de dire grand-chose pourtant : « Viens ici, Ulysse tant vanté, honneur de l’Achaïe… » (chant XII). Mais les mots qui décrivent Ulysse « lié dans un lien douloureux, planté là au sol droit sur l’emplanture » (chant XII)». Être soi-même – Les sirénes (Ulysse, modèle de l’Être). L’Odyssée au Louvre : Un roman graphique, Barbara Cassin.
«Ulysse arrive chez Circé», huile sur toile, 150x120 cm, 2025. «Ulysse est le seul que la sorcière Circé ne parvient pas à changer en cochon. C’est qu’il a reçu l’aide d’Hermès qui lui a montré un contrepoison, une herbe appelée phusis chez les hommes, molu chez les dieux (chant X).» Parler – Circé. L’Odyssée au Louvre : Un roman graphique, Barbara Cassin
« Mon nom est Personne », huile sur toile, 150x120 cm, 2025. « Le Cyclope, Oeil-rond, est le monstre épique par excellence que tout héros doit affronter. Mais le trait singulier de l’Odyssée est le rapport au nom qu’Ulysse se donne. Mon nom est « Personne », Outis, dit-il au Cyclope, qui hurle ensuite à ses congénères que « personne » l’a aveuglé. « À ces mots, ils s’en vont et mon coeur riait. C’est mon nom de Personne qui les avait trompés, et mon esprit perçant » (chant IX). Mêtis, l’esprit perçant, la ruse, c’est presque le même mot que Outis, personne. Deux manières de dire « Pas quelqu’un », avec les deux négations que possède le grec, une négation de fait, ou, et une négation de droit, mê. Un jeu de mots fondateur sur le nom comme signifiant. Puis lorsque son vaisseau s’éloigne, Ulysse se déclare « Ulysse, fils de Laërte », et c’est comme tel qu’il sera maudit. » Avoir un nom – Le Cyclope. L’Odyssée au Louvre : Un roman graphique, Barbara Cassin.
«Ulysse et Nausicaa», huile sur toile, 150x120 cm, 2025. «Ulysse aux mille tours est par excellence celui qui sait parler. Et quand, naufragé nu sur le rivage des Phéaciens, il aperçoit la princesse Nausicaa venue laver le linge, au lieu de la prendre aux genoux comme font les suppliants, il invente pour ne pas l’effrayer «un discours qui gagne, doux comme le miel». Au lieu du geste, un performatif. Un performatif païen, qui signe la perméabilité du monde, la beauté d’un cosmos où Ulysse est un lion des montagnes ou un dieu des champs du ciel, et Nausicaa une déesse ou le jeune fût d’un palmier.» Parler – Nausicaa. L’Odyssée au Louvre : Un roman graphique, Barbara Cassin.
«Ulysse et Pénélope», huile sur toile, 150x120 cm, 2025. «Quand les Phéaciens déposent Ulysse sur Ithaque, il ne reconnaît rien. Et lui-même ne sera Ulysse que reconnu. Il l’est d’abord par son chien Argos... La fin de l’Odyssée est un enchaînement de scènes de reconnaissance...» Être reconnu – Pénèlope. L’Odyssée au Louvre : Un roman graphique, Barbara Cassin.