Démarche artistique de l’œuvre

 
"La vie est un mystère...
L'artiste écarte le rideau"

 

J'aime observer. S’il y a quelque chose qui attire mon attention, qui m'inspire ça naît en moi ce désir de créer. Ma peinture commence par une idée. Je peins rarement directement devant l’objet. Une peinture doit grandir à l'intérieur de moi. Puis, dans mon atelier, mon travail prend forme. Je commence toujours par des esquisses puis des sous-couches. J'aime travailler avec le matériel. Ma préférence est pour la peinture à l'huile qui possède toutes les qualités pour exprimer mes sentiments. J'aime à créer de la différence sur mes toiles en les accentuant avec des empâtements plus prononcés, jouer avec les reliefs et utiliser de fines couches de peinture. Mes outils favoris sont le couteau à palette, les pinceaux, les doigts et tout ce que j'ai à portée de main. C'est le moment du mystère. Je progresse dans l'inconnu. J'exprime mes sentiments. Je crée…

L'atmosphère, l'humeur, l’émotion jouent un rôle important dans mes tableaux. Mes peintures sont comme une poésie. Souvent je retouche mes toiles. Accrochées au mur je les regarde pendant un certain temps. Ensuite, je recommence à travailler jusqu'à ce que je suis satisfait du résultat. J'aime peindre des scènes de genre, des nus et des paysages contemporains.

 
Misha SYDORENKO
artiste peintre
 
 
 
Fontaine Médicis

 

La question du territoire est centrale pour l’artiste-voyageur que je suis. En effet, la France est pour moi un territoire nouveau, à explorer, et pour lequel j’ai quitté l’Ukraine. Je présente ici mon tableau de la Fontaine Médicis. C’est le premier espace parisien que j’ai choisi de peindre. La fontaine est un espace de l’indiscernabilité, entre pierre et eau, entre les voies naturelles que sont celles des rivières et les voies transformées par l’homme. Si l’espace est « indéterminé », il n’en est pas moins riche, exubérant, par ses jeux de lumières sur l’eau, sur l’air et sur la végétation qui s’approprie cette source de vie. Cette profusion baroque, qui surgit à qui sait voir les variations de la lumière, s’oppose à la pureté de l’architecture du monument. Choisir de représenter la Fontaine Médicis, c’est choisir un lieu et un moment. La Fontaine non seulement fut, à maintes reprises, transformée mais aussi déplacée. Constatant l’échec d’une fixation de l’architecture qui par son histoire est déformée et reformée depuis sa construction en 1630, j’ai souhaité en garder l’image que l’on se forme dans la mémoire. C’est cette image remémorée qui est la véritable appropriation d’un lieu. C’est dans cette image que l’on y fixe nos idées, nos sentiments, notre vie. Le rôle du peintre devient alors d’incarner le lieu plus que de le reproduire. La véritable « imitation » de l’espace qu’il opère n’est pas une simple copie mais bien la démonstration de l’effet du paysage sur sa sensibilité. Cette fontaine, expression du génie humain, est peut-être une des raisons de ma venue en France si l’on se plait à rêver sur le destin. Ce qui est sûr cependant c’est que je suis, par cette fontaine, un peu français. Ce sont les lieux qui nous font. Comme l’affirme le Zarathoustra de Nietzsche : « Placez autour de vous de petites choses bonnes et parfaites, ô hommes supérieurs. Leur maturité dorée guérit le cœur. Les choses parfaites nous apprennent à espérer. ». Ainsi, cet espace pourrait être éternellement observé, éternellement éprouvé, sans être jamais épuisé. Toujours, il nous enrichira par l’impression nouvelle.


Misha SYDORENKO
artiste peintre